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jeudi 17 mai 2012

Lus et aimés


Nouveautés littérature italienne

Les éditions Liana Lévi nous proposent deux romans à découvrir absolument... 

La comtesse de Ricotta de Milena Agus 

Trois soeurs vivent dans le vieux palais de leurs ancêtres sur les hauteurs de Cagliari, en Sardaigne.
Un palais au charme désuet qui se délite et a perdu son faste d'antan. Pour pouvoir le restaurer et le sauvegarder elles ont dû se résoudre à renoncer à certaines pièces pour les louer.
Noémi l'ainée autoritaire et rigide n' a qu'une idée en tête: sauver le palazzo et retrouver la spendeur passée.
Maddalena, la deuxième, s'adonne à une sexualité ardente avec son mari mais désire un enfant qui ne vient pas...
La plus jeune, c'est la fragile comtesse de Ricotta, qui doit ce surnom à sa maladresse et à son extrême sensibilité.
Trois femmes décalées, passionnées et vulnérables qui entretiennent chacune avec mélancolie un rêve d'amour inassouvi.
 Depuis Mal de pierres, Milena Agus se plait à nous dévoiler des femmes qui vacillent entre songe et réalité, nostalgie et bonheur. Des femmes inaptes au quotidien et à la norme et dont les failles, les fêlures font leur beauté et leur force...
Un roman (presque un conte) désenchanté et lumineux.


Canal Mussolini d'Antonio Pennacchi

Canal Mussolini d'Antonio Pennacchi est une saga familiale dans la première moitié du XXème siècle dans le nord de l'Italie, au moment de la montée du fascisme.
Entre humour et gravité nous suivons les aventures de la famille Peruzzi, des paysans fascistes venus s'installer dans le nord pour l'assèchement des marais pontins, grand projet de Mussolini.
Le succès de ce roman est d'éclaircir un contexte historique compliqué, de rendre attachants et humains les membres de cette famille réactionnaire et de transformer les drames en comédies... 

Deux romans coup de coeur.
  

lundi 7 mai 2012

Fleur de béton, Wilfried N'Sondé, Actes Sud



 Rosa Maria vit dans la cité des 6000, aux portes de Paris, quelque part en région parisienne. 
Pour se protéger de la violence ordinaire de la cité et des coups portés par son père, la jeune fille pense au sable doux des plages de Sicile de son enfance. Elle admire aussi le beau  Jason qui danse comme un dieu dans une cave transformée en boîte de nuit. 
Rosa Maria rêve mais la réalité est implacable...

Un roman sombre et désespéré.

jeudi 3 mai 2012

Une merveilleuse lecture...


Le garçon qui voulait dormir, Aharon Appelfeld, l'Olivier.

Erwin âgé de 17 ans, réscapé de la shoa arrive dans un camps près de Naples transporté par d'autres réfugiés. Le jeune homme ne peut se réveiller. La puissance de son sommeil le protège du monde extérieur et ses rêves préservent le lien et le dialogue qu'il entretient avec sa famille disparue.
Après un entrainement physique intensif et une initiation à l'hébreu c'est le départ pour la Palestine. S'ensuit une lente adaptation à un nouveau nom, à une nouvelle langue qu'il va s'approprier lettre après lettre, et à une nouvelle terre dans laquelle il va devoir s'enraciner et construire son avenir.
Sa mission d'écrivain s'éveille...

Une histoire nourrie de celle de l'auteur, enfant juif, orphelin, rescapé des camps et parti vivre sur une terre inconnue.


Un magnifique roman.

jeudi 19 avril 2012

Saveur des mots...

Une sélection de romans 
sur le thème de la cuisine et de la littérature est présentée au Restaurant le Pré vert.

Bazar magyar, Viviane Chocas, LGF

Klara ne connaît rien de la Hongrie que ses parents ont fui en 1956.
La nourriture, les plats de sa mère, l'épicerie magyar, restent les seuls liens avec le passé.
Dés lors c'est à travers l'assiette, qu'elle va percer le mystère de ses origines et se réapproprier l'histoire et le pays de ses parents.
Les plats magyars font "tomber les murs, rouvrir les frontières, [...] jaillir la vie éperdue".

"C'est par les mets sur la table et le croquant sous la dent, le piquant de la salive que j'ai abordé le continent interdit."

Saveur nostalgique et délicate.


Chocolat amer, Laura Esquivel, Folio
  
Mama Elena vit au Mexique au début de la révolution avec ses trois filles. La plus jeune, Josephita a le don pour la cuisine, transmis par sa nourrice indienne Nacha.
Alors qu'elle est amoureuse de Pedro, sa mère la confine dans la cuisine et Pedro se marie avec une de ses soeurs.
Mais c'est sans compter sur les effets de la cuisine de Tita...

Cailles aux pétales de roses, torreras de nata, piments aux noix...les recettes sont intégrées à l'histoire.

Saveur magique et sensuelle.



 Les Tétins de sainte Agathe, Giuseppina Torregrossa, LGF

Chaque année le 5 février Agata enseigne à sa petite fille Agastina les secrets de la préparation des gâteaux en l'honneur de la sainte dont elles portent toutes les deux le prénom.
La transmission de la recette est prétexte à l'évocation de deux familles siciliennes et en particulier d'une lignée  de
 femmes vouées au culte de sainte Agathe de Catane transmis de mères en filles.

Ambiance au parfum de chocolat et de ricotta

Saveur gourmande et provocante.



Mangez-moi, Agnès Desarthe, points

 'Myriam est un peu perdue, un peu fantaisiste et un peu rêveuse. Un beau jour, elle décide d'ouvrir son restaurant. A sa propre surprise, Chez moi devient vite le rendez-vous incontournable des habitants du quartier, le havre chaleureux où tout le monde se retrouve. Dans sa cantine, Myriam ouvre l'appétit et délie les esprit, avec l'instinct, la grâce et la sensualité des artistes aux fourneaux...'
                                                    (Quatrième de couverture)

 Le goût de la vie.







  
La Maîtresse des épices, Chitra Banerjee Divakaruni,
Editions Philippe Picquier

Dans le lieu secret et magique de son épicerie Tilo est maîtresse dans l'art ancestral des épices, elle possède le don de les faire chanter et aussi celui de guérir. 
Elle pratique les mélanges et les incantations, cherche pour chacun l'épice-racine, clé intime qui restaure l'équilibre du corps et de l'âme...

Douceur des mots, poésie des images.
Conte délicieux

et aussi...
 
Le palais de la femme, Elise Fontenaille
Gabriela, girofle et cannelle, Jorge Amado 
En cuisine, Monica Ali
L'Ecole des saveurs, Erica Bauermeister
Les soupers assassins du régent, Michèle Barrière
La table des enfants, Isabelle Hausser
Le goût des pépins de pomme, Katharina Hagena
La seiche, Maryline Desbiolles
Meurtres à la pomme d'or, Michèle Barrière
Le palais du Mandarin, Thanh-Van Tran- Nhut
Le festin de Babette, Karen Blixen
Etoiles, Simonetta Greggio 


dimanche 25 mars 2012

Livre lu et aimé

 Une journée avec Monsieur Jules, 
Diane Broeckhoven, NiL

Depuis de nombreuses années, Alice se lève dans l'odeur suave du café préparé par son mari, mais ce matin les rituels sont suspendus... Il neige... et Monsieur Jules est assis calme, immobile et serein dans le canapé...
Alice refuse l'agitation, elle veut juste partager  une dernière journée avec son mari dans la douce quiétude de leur appartement. 
Seul David, l'enfant autiste de l'étage du dessous, qui chaque jour à 10h30 précises fait une partie d'échecs avec Monsieur Jules, sera  autorisé à franchir le seuil de l'appartement et participera à éclairer cette journée.

Une atmosphère douce et feutrée pour un roman délicat sur la vie partagée.

S'interrompre, pour prendre le temps de rendre hommage  aux instants, aux années partagées.
Suspendre le temps pour regarder avec tendresse une vie qui disparaît...

dimanche 18 mars 2012

Livre lu et aimé


Cuisine tatare et descendance, Alina Bronsky, Actes Sud

Alina Bronsky, auteur allemand d'origine russe nous entraîne dans une saga familiale drôle, décalée et douloureuse dans la Russie des années 80.
La force du roman est liée à la narratrice,  Rosalinda, une matriarche tatare autoritaire, orgueilleuse et manipulatrice.  Rapidement le lecteur perd confiance en sa version des faits et réinterprète la réalité de l'histoire...
"Je veux ce qu'il y a de mieux pour les autres" est le cri de guerre implacable de Rosalinda,  lui donnant toute légitimité pour diriger la vie de ses proches.

Une comédie noire saisissante.

jeudi 2 février 2012



Les derniers livres lus et aimés :

Le roi n’a pas sommeil, Cécile Coulon, Viviane Hamy
Un léger déplacement, Marie Sizun, Arléa
Rêves oubliés, Leonor de Recondo, Sabine Wespieser

Trois romans, trois femmes écrivains qui nous font découvrir une littérature originale et un univers singulier.

Le roi n’a pas sommeil est un roman fascinant et énigmatique qui nous raconte la sombre destinée de Thomas Hogan, un enfant vulnérable qui tente de surmonter un héritage familial pesant. Cécile Coulon installe dès les premières pages une tension, le drame est là, grave et mystérieux servi par une écriture sobre et incisive. Son univers est empreint d’une certaine littérature américaine qui n’est pas sans rappeler John Steinbeck qu’elle cite en exergue.

Avec Un léger déplacement Marie Sizun signe un roman d’une écriture fine est sensible. Ellen est libraire et vit à New York depuis 35 ans. Après le décès de sa belle-mère elle rentre en France vendre l’appartement de celle-ci. En même temps qu’elle retrouve le Paris qu’elle aimait tant, ce sont par petites touches, les souvenirs qui refont surface. Le passé s’éclaire alors à la lumière d’un léger déplacement…

Rêves oubliés de Leonor de Recondo est un roman lumineux et délicat qui au plus près du quotidien nous décrit la douleur de l’exil,  la fragilité de l’existence de ces êtres privés à jamais d’une part d’eux-même. C’est l’histoire d’une famille espagnole qui en 1936 quitte sa terre, quitte sa maison sans rien emporter, qui part comme pour un simple pique-nique pour ne pas éveiller les soupçons. Une famille qui s’installe dans un ailleurs et y attend le moment du retour. Dans le secret de son carnet intime,  Ama écrit pour apprivoiser l’attente, la solitude, l’angoisse et décrit aussi tendrement la joie d'être ensemble parce que c'est tout ce qui compte.

« Nous sommes ici depuis de si nombreux mois et je réalise seulement au soir de cette triste journée que nous avons vécu uniquement dans l’espoir du retour. Ce rêve a lentement embrumé nos esprits, et maintenant la réalité nous frappe de plein fouet, fermant brutalement les frontières. Tant que le dictateur sera au pouvoir, nous ne pourrons pas revenir, nous le savons. Je ressens une blessure vive, une blessure de chair indescriptible, l’amour d’une terre, de ses odeurs, de ses rires, de sa langue que je perds irrémédiablement. J’y laisse mon insouciance, une légèreté de l’âme qui depuis trois ans s’est plombée de silences et de faux espoirs. »

Un gros coup de cœur pour ce magnifique roman pudique et sensible.